Risques & complications


Toute intervention chirurgicale est soumise au risque de complications précoces ou tardives que nous aborderons. Cette liste n’a pas pour but de vous effrayer, elle doit vous aider à prendre conscience qu’une arthroplastie est un acte sérieux qui peut avoir des conséquences inattendues. Leur survenue est rare, leur fréquence est liée au sérieux de votre préparation.

Risques et complications communs à toute intervention
Votre état général (fatigue, anémie, dépression...), les traitements en cours, les maladies ou altérations de certaines fonctions vont influencer le déroulement de l’intervention et ses suites.
La consultation anesthésique préopératoire a pour but de déceler ces risques, d’envisager au besoin des bilans complémentaires.
Quelles que soient les précautions, certains accidents peuvent survenir: allergie, embolie, infection... Leur fréquence est extrêmement rare : à peu près identique au risque de subir un accident en venant en voiture en consultation. Cependant ce risque existe et devait vous être signalé.

Complications per-opératoire propres à l’arthroplastie de genou
En dépit des soins et prévention, certains accidents ou incidents peuvent se produire au cours de l’opération prévue. Il faut citer:

- La blessure de tissus voisins (muscles, tendons).
- Une fracture du fémur ou du tibia, dont le risque est accentué par une ostéoporose et chez le sujet âgé. Elle peut justifier une ostéosynthèse ou une décharge prolongée. 
- La blessure de nerfs qui peut entraîner, même après reprise chirurgicale, des troubles durables tels qu’une paralysie partielle ou des douleurs irradiées.
- La blessure de certains vaisseaux qui peut entraîner une hémorragie abondante. Une transfusion sanguine peut être nécessaire pour compenser les pertes.
- etc...

Malgré le bilan préopératoire, certaines découvertes durant l’intervention peuvent justifier de la part de votre chirurgien une modification du plan établi initialement et une adaptation du geste chirurgical.

Complications précoce propres à l’arthroplastie de genou
Complication precoces Une infection du site opératoire peut se produire malgré la prévention systématique. Ce risque est accentué par une fatigue générale ou une maladie intercurrente. Une mauvaise hygiène n’est pas simplement compensée par une douche la veille de l’opération.

Une phlébite peut survenir malgré une prévention systématique par  anti-coagulants. Ces phlébites une fois constituées peuvent laisser des séquelles douloureuses durables mais également se compliquer d’embolie pulmonaire. La marche et la poursuite du traitement anti-coagulant efficace après l’intervention sont le plus souvent les meilleurs moyens d’éviter ces complications.

Un hématome peut se constituer malgré le drainage. Le plus souvent, il reste superficiel, diffuse sous la peau et crée une tension non douloureuse du mollet. Dans certains cas exceptionnels, il peut nécessiter une ré-intervention.

Une nécrose cutanée : plus fréquente en cas de chirurgie de reprise; une intervention plastique de couverture est parfois nécessaire.

La raideur du genou : pendant les 4 premières semaines des adhérences cicatricielles peuvent enraidir le genou en dépit d’une kinésithérapie quotidienne. Une mobilisation sous brève anesthésie de quelques minutes permet alors une mobilisation indolore dans tout le secteur de mobilité. Ce geste nécessite une ré-hospitalisation de durée variable.

etc...

Complications tardives propres à l’arthroplastie de genou
Enraidissement tardif : une « décalcification » du membre appelée algodystrophie ou algoneurodystrophie peut apparaître. Il s’agit d’un trouble de la microcirculation accompagné de douleurs et « d’ostéoporose ». Ce trouble guérit lentement sur plusieurs mois.

Une infection autour de la prothèse par dissémination à partir d’un foyer infectieux à distance. Une réintervention est nécessaire, par ablation de la prothèse et son remplacement en un ou deux temps associée à une antibiothérapie de trois mois au moins.

Le descellement : la durée de vie d'une prothèse de genou est variable, 15 à 20 ans. Une surcharge pondérale, des traumatismes répétés constituent des facteurs péjoratifs . Le descellement nécessite une ré-intervention avec mise en place d’une nouvelle prothèse adaptée au capital osseux.

etc...

Cette suite d’informations non exhaustives et médicolégales ne doit pas vous empêcher d’aborder votre arthroplastie avec sérénité.